Combien d'écolos faut-il pour changer une planète ? - Part.10/11 - Géopolitique du réchauffement climatique (3/3)


La vision américaine du monde est assez simple : ils sont la terre choisie par Dieu pour être le phare de la liberté et l’apporter au reste du monde. En effet, les Etats-Unis sont une nation très chrétienne, en témoigne leur devise officielle depuis 1956 « In God We Trust ». La religion et l’état sont bien séparés, il n’y a pas ou peu d’ingérence à ce sujet, mais 70% des américains se déclaraient chrétiens selon une étude du Pew Research Center de 2014. Les Etats-Unis sont également un pays sioniste, soutenant activement Israël, qui plus est depuis l’élection de Donald Trump.
Le pays est dépendant pour ses importations de la Chine (37% du total) et du Canada (5% du total mais concernant des ressources stratégiques), mais cette dépendance est réciproque pour la Chine puisque les Etats-Unis sont sa première source d’exportations, et peut inquiétante pour le Canada puisque les deux pays sont très proches, entretiennent des relations fortes et que les Etats-Unis sont également la première source d’exportations du Canada. Le pays fût longtemps dépendant du Moyen-Orient pour le pétrole mais est depuis en bonne voie vers l’indépendance énergétique comme nous l’avions expliqué plus haut.
Le pays est souvent qualifié d’hégémonique du fait de sa puissance militaire et de son influence politique et économique. Les Etats-Unis sont la seconde armée mondiale en termes de nombre de militaires actifs (1.350.000 hommes) talonnée par l’Inde et devancée d’un million d’hommes par la Chine. Cependant, le budget militaire annuel américain est le plus élevé au monde (610 Mds $ en 2017), soit plus que la Chine (228 Mds $) et les 8 pays suivants reunis, comprenant la Russie, l’Inde et la France. De plus, ces chiffres ne sont pas exceptionnels mais constants depuis 10 ans maintenant. Les Etats-Unis avaient un budget militaire annuel compris entre 300 et 400 Mds de dollars entre 2002 et 2007, mais les dépenses sont reparties à la hausse depuis la présidence Obama, oscillantes entre 600 et 700 Mds de dollars par an. L’armée américaine est divisée en trois sections :  l’US Army (armée de terre), l’US Air Force (force aérienne, de l’espace et du cyberespace) et l’US Navy (marine), mais est également divisée en fonction de la zone géographique assignée : Afrique, Europe, Amérique du Sud, etc., formant le Commandement Interarmées de Combat (UCC) et repartis dans 800 bases militaires extraterritoriales partout sur le globe. Les Etats-Unis possèdent également l’arme nucléaire, le deuxième stock au monde derrière la Russie, ainsi qu’une véritable capacité militaire dans le cyberespace, comme nous avons pu le voir avec le virus Stuxnet développé pour enrailler le programme nucléaire iranien en 2009, et qui ne serait qu’une partie d’un arsenal de cyber armes opérationnelles capables de créer des black-out, c’est-à-dire des coupures de courant et des réseaux communications, à l’échelle d’une ville, d’une région, voire d’un pays.
Les Etats-Unis pèsent énormément sur l’échiquier politique international du fait de l’emprise qu’ils exercent sur les instances internationales comme l’Organisation Mondiale du Commerce (WTO), les Nations Unies ou l’OTAN, force armée de l’alliance entre l’Amérique et l’Europe pour faire barrage à l’URSS. Car oui, cette hégémonie américaine remonte à la fin de la Seconde Guerre Mondiale où les Etats-Unis nouent des relations très fortes avec l’Europe, mais s’est réellement affirmée depuis la chute du bloc soviétique et la mondialisation. Le monde étant divisé en deux blocs, la chute de l’un d’entre eux laisse à la fois la possibilité à la paix globale d’émerger, mais également au second bloc d’étendre son influence. Comme faits marquants, on peut citer l’extra-territorialisation du dollar, c’est-à-dire l’application de la législation américaine pour toute transaction effectuée en dollar dans le monde, mais aussi l’implication des services secrets américains dans la déstabilisation de nombreux gouvernements dans le monde, souvent au motif qu’ils étaient communistes ou juste socialistes, ou encore les sanctions américaines aux pays ne respectant pas les embargos mis en place par les Etats-Unis sur des pays quelconques. Cette vision du monde et l’hégémonie américaine dans les domaines de la culture, de la politique, des forces armées et des affaires leur permet une liberté totale sur leurs actions à l’étranger. La liste est longue mais on peut notamment citer l’invasion de l’Irak, depuis avérée comme ayant été décidée pour des motifs autres que ceux annoncés et n’ayant pas été validée par le reste de l’OTAN, ou encore récemment la rétractation de l’accord avec l’Iran sur le nucléaire et le retour à l’embargo.
Grâce à la production des pétroles et gaz non-conventionnels américains et canadiens, les Etats-Unis seront bientôt autonomes énergétiquement et n’auront plus besoin de garantir leurs apports par de l’influence au Moyen-Orient. Les intérêts que les Etats-Unis cherchent désormais à défendre sont la suprématie économique et monétaire menacés par la Chine. Cette dernière essaye de déloger le dollar comme monnaie internationale, notamment pour les échanges de pétrole, et se bat pour rester la première puissance économique mondiale. Elle essaye également de fédérer autour d’elle les autres pays d’Asie, contestant l’influence américaine, avec le Japon, l’Indonésie et la Corée du Sud, dans la zone. Les vieux démons d’un autre bloc, là encore communiste, venant contester l’hégémonie américaine ressurgissent et cela se traduit aujourd’hui par une guerre économique à coup de taxes entre les deux pays.
De son côté, la Chine prétend également à l’hégémonie mondiale. La vision du président Xi Jinping est claire : la Chine va retrouver sa grandeur passée. Cette vision est le socle de la plupart des politiques de développement chinoises comme la défense, la recherche, l’accaparement des réserves de terres rares, les réserves de change ou encore son projet de commerce international Belt&Road, pouvant être définie comme les nouvelles Routes de la Soie. Le projet est d’envergure mondiale, impliquant des pays d’Asie, du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Europe. Ces routes seront maritimes, contournant l’Asie du Sud-Est et passant par le Canal de Suez pour arriver en Mer Méditerranée, et ferroviaires, traversant la Chine d’Est en Ouest puis le Kazakhstan, la Russie, la Pologne et l’Allemagne. Beaucoup de pays se battent afin de faire partie du projet, réalisant l’impact économique potentiel.
La Chine constitue également d’importantes réserves de change et propose depuis Mars 2018 des produits dérivés sur le pétrole brut en Yuan. Une première incursion qui ne déstabilise pas le dollar de son hégémonie sur le pétrole, mais qui montre une volonté et un potentiel de renversement de cette hégémonie. Les réserves de change, elles, serviraient hypothétiquement à créer un renminbi convertible en or, à la manière du dollar pendant la période des accords de Bretton-Woods. Ceci permettrait de renforcer les relations et l’emprise sur les autres pays d’Asie du Sud-Est en proposant d’utiliser le Yuan comme monnaie ou d’indexer à change fixe leur monnaie dessus. En considérant la dépendance hydrique de ces régions envers la Chine, comme nous l’avions expliqué, la zone d’influence chinoise pourrait énormément s’agrandir et constituer un bloc mener par la Chine et capable de contester la présence américaine dans la région, en Corée du Sud, au Japon et en Indonésie. De plus, la Chine revendique des territoires dans la Mer de Chine, revendications contestées par la Japon et l’Indonésie. Le conflit est en suspend même si des incursions chinoises sont souvent relevées dans la zone. La Chine est de plus en conflit avec Taiwan, cette dernière se revendiquant comme le gouvernement légitime de toute la Chine, même si les revendications sont muettes depuis 2003 et le démantèlement de la Commission Ministérielles des Affaires Mongoles et Tibétaines. Enfin, comme nous l’avons dit précédemment, la Chine, l’Inde et le Pakistan sont en conflit pour le contrôle de la région du Cachemir et l’escalade récente des tensions entre Pakistan et Inde pourrait constituer une opportunité pour la Chine de prendre le contrôle de la région. Un statut hégémonique en Asie lui permettrait de prendre possession de ces territoires, avec probablement une réponse américaine s’en suivant.
En effet, la Chine pourrait bien ressortir gagnante d’un tel conflit, du fait de sa puissance militaire. Première armée du monde en termes d’effectifs actifs, la Chine se place dans les cinq premières places de tous les classements de puissance militaire. Elle reste néanmoins relativement fragile étant donné que toute son industrie se situe sur la côte Est du pays, partie facilement atteignable par avions depuis le Japon, accueillant des bases américaines. La marine est qui plus est le maillon faible de l’armée chinoise, ne lui permettant pas de rivaliser avec les Etats-Unis. Côté terre, l’industrie est très éloignée des frontières avec l’Inde, et les reliefs montagneux séparant les deux pays pourraient être plus rapidement investis par l’Inde, rendant toute incursion vaine. Les réserves de pétrole chinoises pourraient faire tenir un conflit à la Chine sur plusieurs années, mais il lui faudrait tripler sa capacité de production, en supposant une réorientation de la consommation d’énergie sans augmentation.
La Chine ne prendrait donc un rôle militaire majeur que dans l’hypothèse d’une alliance avec la Russie et les autres pays du Sud Est de l’Asie, ces alliances lui conférant énergie, arsenaux nucléaires et capacités de projection sur toute la Mer de Chine ainsi que sur l’Indonésie. Elle pourrait démarrer un conflit armé avec les Etats-Unis dans un tel cas, mais la cause serait probablement les revendications territoriales de la Chine. De l’autre côté, les Etats-Unis pourraient lancer le conflit pour des raisons économiques, afin d’affaiblir la Chine et conserver son hégémonie économique mondiale.
La Russie, elle, ne prétend plus à l’hégémonie mondiale, mais sa puissance économique en partie retrouvée et son armée héritée de l’ère soviétique lui permettent d’assouvir ses objectifs : la défense de ses intérêts et le maintien de sa zone d’influence. La Russie tient à garder sous son aile les nations de l’ancien bloc soviétique, ce qu’elle appelle sa zone d’influence, pour des raisons géopolitiques et économiques évidentes dans un monde globalisé. Ces pays sont regroupés et liés à la Russie par la CEI, la Communauté des Etats Indépendants, mais aussi sous le traité de sécurité collective de 1992 ou encore l’Eurasec. La Russie fait également partie de l’Organisation de Coopération de Shanghai, une organisation politique, économique et militaire regroupant 8 états membres asiatiques. La Russie invoque comme raison majeure de sa présence dans les anciens états soviétiques la défense des importantes diasporas russes vivant dans ses pays, raison qui fût également invoquée lors de l’invasion de l’Ukraine en 2014, l’Est de l’Ukraine étant majoritairement russophile.
Mais au-delà de la défense de ses diasporas, la Russie défend surtout ses intérêts économiques. L’invasion de l’Ukraine intervient après de longues années de tensions autour des pipelines acheminant le pétrole et le gaz russe en Europe ainsi que la circulation de trains passant par la région du Lougansk. La Crimée est également un point militaire et géopolitique stratégique puisque conférant un contrôle total de la Russie sur la Mer d’Azov et perturbant l’accès à la Mer Noire à l’Ukraine, tout en permettant à la Russie de s’approcher encore plus de la Turquie, alliée malgré elle de la Russie à cause de son positionnement et de sa dépendance à l’énergie russe. A l’invasion de l’Ukraine nous pouvons ajouter les nombreuses guerres au sein et entre les anciens états soviétiques, dans lesquelles la Russie est intervenue à chaque fois. Elle est également entrain de constituer une force armée opérationnelle pour défendre ses intérêts en Arctique, dont la Russie réclame une partie hors de sa zone économique exclusive.
            De son côté, l’Union Européenne ne voit pas la stratégie de la Russie d’un bon œil étant donné que beaucoup d’anciens états soviétiques ont rejoins l’Union Européenne. Le point de tension majeur se situe sur la région Baltique, où les trois états baltes peuvent être coupés de l’Union Européenne par un déploiement russe depuis et vers son enclave de Kaliningrad. La Suède est également sur le pied de guerre depuis que des sous-marins russes ont été détectés dans ses eaux territoriales. La Mer Baltique est l’autre passage reliant les pays baltes à l’Union Européenne et elle accueille la petite île de Gotland, contrôlée par la Suède et offrant une capacité de projection militaire dans toutes la zone, un point stratégique donc.
            Des tensions existent donc entre la Russie et l’Union Européenne contrairement aux relations entre la Russie et les pays asiatiques. En effet, depuis le début du projet chinois Belt&Road, la Russie tente de séduire la Chine pour intégrer le projet et nouer des relations diplomatiques plus fortes. La Russie règle de vieux conflits territoriaux avec la Chine, le long du fleuve Amour, et avec le Japon, avec les îles Kouriles. Le développement de la Chine et les tensions avec l’Union Européenne font pencher le développement de la Russie vers l’Est, avec en prime la possibilité qu’offre le réchauffement climatique d’acheminer par bateau de l’énergie et des biens jusqu’à son port de Vladivostok pour ensuite les redistribuer en Chine, en Corée et au Japon. La Russie parait donc dure à l’Ouest et douce à l’Est, sentant la possibilité de développement que l’Asie représente. Le président Poutine a d’ailleurs lancer un grand programme de développement de l’Est russe avec des investissements massifs et des parcelles de terres offertes.
            La Russie entretient également des relations fortes avec l’Iran qui lui sert de bouclier face au développement du terrorisme sunnite, branche de l’Islam majoritaire dans la population musulmane russe, mais cette coopération la place de facto dans le camp adverse à Israël et à l’Arabie Saoudite. En cas d’escalade des tensions au niveau mondial, la Russie se joindrait certainement aux camps chinois et iranien, voir pakistanais du fait des rapports conflictuels avec l’Inde et de la prédominance du shiisme comme en Iran, ou encore turque à cause de l’emplacement du pays et des relations conflictuelles avec l’Union Européenne.
            L’armée russe est considérée comme la seconde armée mondiale derrière les Etats-Unis. Du fait de l’importance et de l’ancienneté de l’industrie lourde russe, l’armée est quantitativement et qualitativement classée seconde ou troisième dans tous les champs militaires. La Russie possède également d’importantes réserves de pétrole, ce qui lui permet de tenir une guerre sur la durée sans être inquiétée par la géopolitique de l’énergie, mais aussi d’être un allié précieux de la Chine, ayant trop peu de capacités de production pour approvisionner son armée. La Russie est également développée en ce qui concerne la cyberguerre, avec un important réseau de sous-traitants privés mobilisables pour les besoins militaires et géopolitiques, et possède également le premier stock d’armes nucléaires au monde. Le budget russe de défense est bien moindre que celui des Etats-Unis, 66 Mds $ en 2017 soit un dixième du budget américain, mais représente une part plus importante du PIB que la plupart des pays du monde, 4.3% en 2017.
            La Russie est donc une force militaire importante, juste derrière les Etats-Unis, prête à défendre ses intérêts économiques proches mais ne revendiquant pas d’hégémonie mondiale. Les tentatives d’immersion dans la région Baltique pourraient s’intensifier mais le réel poids de la Russie serait sa coopération avec la Chine. Une telle alliance se placerait automatiquement en première position sur tous les tableaux militaires et même la superpuissance américaine pourrait ne pas pouvoir la contrer. De plus, une telle alliance est plus que possible étant donné les rapprochements économiques entre les deux pays, poussés majoritairement par la Russie mais dont la Chine pourrait énormément profiter.
            Enfin, l’Union Européenne possède un règlement de coopération pour la défense entre ses états membres baptisé Politique Etrangère et Sécurité Commune, mais les décisions doivent être prises à l’unanimité, sans quoi aucune action ne peut être mener sous la responsabilité de l’Union Européenne. Elle n’a pas d’ambitions militaires autres que le maintient de la paix et la lutte contre le terrorisme. Pas d’ambitions ne veut pourtant pas dire pas de moyens. L’Union Européenne n’a pas d’armée attitrée mais compte parmi ses membres de grandes puissances militaires, 4 parmi les 11 plus puissantes : la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie. Elles ont respectivement les 6ème, 7ème, 9ème et 12ème budgets militaires mondiaux, représentant entre 1 et 2% de leur PIB respectifs. Leurs armées sont à la pointe de la technologie et peuvent ensemble concurrencer quantitativement les Etats-Unis, la Chine ou la Russie.
            Le problème est la divergence des intérêts de ces pays et donc l’action commune. De plus, l’Union Européenne ne possède presque pas de réserves énergétiques ce qui l’oblige à choisir un camp entre Etats-Unis et Russie, le choix s’étant historiquement porté sur les Etats-Unis avec la création de l’OTAN. Seul le Royaume-Uni pourrait subvenir à ses besoins énergétiques mais pas à ceux des autres pays membres, et une action isolée lui ferait perdre en force de frappe. L’Union Européenne base ses relations internationales sur son potentiel de consommation, ce qui lui confère de nombreux alliés de par le monde. De plus, l’Union Européenne craint bien plus les incursions russes sur son territoire, comme expliqué précédemment, que la présence américaine. L’Union Européenne pourrait donc rester du côté américain bien que leurs intérêts concernant le réchauffement climatique divergent. Ses intérêts sont également divergeant avec ceux de la Russie et l’Union Européenne est donc vouée à une alliance « à contre-cœur écologique ».
            Pour conclure cette partie, nous pouvons donc dire que la lutte pour l’hégémonie mondiale se fera entre les Etats-Unis et la Chine et qui les tensions économiques et politiques pourraient engendrer un conflit armé, prenant source dans la guerre commerciale, les zones d’influences ou les revendications territoriales de la Chine. La Russie se place de plus en plus économiquement du côté chinois, ce qui pourrait également déboucher sur une alliance militaire forte grâce à l’approvisionnement en pétrole que représente la Russie pour la Chine. L’Union Européenne se place elle du côté américain, non du fait d’intérêts communs mais par inertie historique et crainte de la puissance russe. Aussi, des conflits pour les ressources en eau pourraient éclater dans la zone d’influence chinoise. Le réchauffement climatique pourrait nécessiter des interventions militaires dans la région par les 4 belligérants, que ce soit par opportunisme pour la Chine, ou pour le maintient de la paix pour les Etats-Unis et l’Union Européenne.

Sources : 

(1)    connaissancedesenergies.org
(2)   International Energy Agency ; iae.org
(3)   International Energy Agency (2018). Key World Energy Statistics 2017.
(4)   Planetoscope.com
(5)   Data.oecd.org
(6)   Data.worldbank.org
(1)    Globalfirepower.com

(2)   Food and Agriculture Organization of the United Nations, fao.org
(3)   French.china.org.cn
(4)   World Inequality Lab, (2018). World Ineqality Report.
(5)   Tansparency International, transparency.org
(6)   Atlas of economic complexity, Harvard : atlas.cid.harvard.edu
(7)   Mineralinfo.fr

(8)  Central Intelligence Agency, The World Factbook, 2018.

Commentaires