Combien d'écolos faut-il pour changer une planète ? - Part.7/11 - Comment coopère-t-on ?



Tout reste donc possible, mais cette lutte acharnée entre des groupes aux intérêts divergeant pourrait se terminer trop tard pour mettre en œuvre la transition énergétique souhaitée. Il nous faut donc aborder le sujet du maintient de la cohésion sociale sous l’angle de la décrue énergétique, en d’autres termes éviter un effondrement social.
Le maintien de la cohésion sociale et de la coopération dans la population est pourtant la meilleure chance d’éviter un effondrement du fait qu’elles permettent de voir la population comme une seule entité unie, et donc plus facilement orientable, que ce soit afin de pousser à des réformes politiques, à adopter des comportements éco-responsables, ou de survivre à des environnements hostiles. Les évènements difficiles à venir avantageront donc les comportements coopératifs, mais l’individualisme dominant constitue un obstacle à leur développement. Nous devons donc dans tous les cas pousser la population humaine vers des comportements coopératifs et amplifier la cohésion sociale avant que l’environnement ne devienne hostile, sans quoi nous aurions à affronter une compétition entre les individus dans un monde de plus en plus dur, ce qui serait dangereux pour le bien commun.
Pour essayer de comprendre comment peut-on faire coopérer des individus, il faut partir de l’échelon le plus élémentaire. Est-il possible d’arriver à la bonne réponse à un problème en écoutant tout le monde avec le même intérêt ?
Et bien oui, et ce sont les mathématiques qui nous le disent. En effet, c’est ce qui se cache derrière le concept de « sagesse des foules », qui est un faite une conséquence de la loi des grands nombres en probabilité statistique. Lorsque l’on augmente le nombre d’évènements testant une même hypothèse, l’espérance de l’ensemble des évènements tend vers la probabilité réelle de l’hypothèse. Autrement dit, en répétant 150 lancés de pièces plutôt que 10, la moyenne des résultats sera plus proche d’une répartition 50/50, de même si l’on fait 1500 lancés au lieu de 150.
Cette règle mathématique a été adaptée et testée dans le cas de la prise de décisions en groupe, notamment par Francis Galton et son expérience consistant à demander à une foule de trouver le poids d’un bœuf. Depuis, de nombreuses expériences ont été menées en s’appuyant sur cette théorie, notamment depuis l’arrivée d’Internet et des ordinateurs personnels. En sont ressorti des règles permettant de l’appliquer dans la réalité, mais qui malheureusement semblent relativement utopistes dans nos sociétés complexes.
La première est la diversité des opinions . Chaque personne doit avoir son point de vue propre, même mal éclairé. La seconde règle découle de la première, l’indépendance. Il ne doit pas se former dans le groupe de leader(s) d’opinion. La troisième règle découle également des deux premières, la décentralisation. Chaque individu doit pouvoir puiser dans des connaissances spécifiques à son environnement, et cet environnement ne doit pas être le même pour tous. La quatrième règle impose des mécanismes efficients d’agrégation de tous ces opinions, à la fois en permettant à chacun de nuancer et préciser son point de vue autant qu’il en a besoin, mais aussi d’arriver à condenser ces opinions dans un ou plusieurs résultats lisibles. Les sciences du langage seraient très utiles sur ce point afin de mettre en place un équivalent de la méthode du Jugement Majoritaire de Condorcet, où chaque vote est comptabilisé comme une note sur échelle d’approbation. Enfin, la dernière règle implique une confiance de l’individu dans le groupe, dans son caractère juste et équitable (49)(50).
Des économistes se sont également penché sur l’exploitation d’une ressource par une communauté à travers le concept de « Tragédie des biens communs » énoncé en 1968 par Garrett Hardin dans son livre éponyme (51). La tragédie des biens communs désigne un phénomène de surexploitation d’un bien commun, c’est-à-dire un bien rival mais non excluable, ou autrement dit un bien qui n’est pas duplicable à l’infini et dont on ne peut empêcher l’accès à un individu ou un groupe. L’auteur se basait sur les ressources naturelles en tant que bien commun, mais cette conception lui a été reprochée étant donné qu’il est en fait assez facile de restreindre l’accès à certaines ressources naturelles. Ce phénomène décrit le fait que lorsqu’une ressource est rivale et non-excluable, cette dernière est en faite surexploitée, du fait de la recherche de l’intérêt individuel, et mène à une perte sèche pour l’ensemble de la communauté. On peut appliquer ce raisonnement à toutes les sources d’énergies rivale présente dans la nature, même une énergie renouvelable comme le bois.
Il ressort plusieurs solutions à ce phénomène, mais ont toutes comme principe la mise en place de règles. Deux solutions proposent la mise en place de règles par une institution extérieure, que ce soit un état ou un établissement privé, qui gèrera l’exploitation de la ressource. Une troisième solution fût proposée par Elinor Olstrom (52) et consiste en la gestion de la ressource par une communauté locale, dont la ressource fait parti de l’environnement proche et qui a donc un intérêt à ne pas voir la ressource être surexploitée. Toutes ces solutions consistent en réalité simplement à rendre la ressource excluable de nouveau, changeant sa nature de bien commun en bien privé, ou bien nationalisé.
D’un autre côté, les économistes se sont également beaucoup penchés sur la capacité de travail des groupes. C’est ce que l’on retrouve dans le concept de division cognitive du travail, où la segmentation des facteurs de production est faite en fonction des connaissances et compétences requises à chaque étape. Ce concept fait suite à la division scientifique du travail, ou fordisme, où la segmentation se faisait en fonction des tâches à accomplir, réduisant l’Homme à l’état de machine organique. Entre les deux concepts est venue se placer la division internationale du travail, prenant ancrage dans la mondialisation et donc la capacité de répartir la production de façon géographique afin de maximiser autant les coûts que les avantages comparatifs de chaque zone de production, les avantages comparatifs pouvant être décris comme des avantages culturels et structurels d’un environnement à produire certains biens ou services ou effectuer certaines tâches, concept formalisé par David Ricardo. La division cognitive du travail s’est également appuyée sur ces avantages comparatifs mais en y plaçant au centre l’individu plutôt que l’environnement. Elle intègre également le paradigme de l’économie de la connaissance voulant que l’avènement de l’informatique et la meilleure éducation des individus permettent de mettre au centre de l’économie le partage et la création de connaissances en tant qu’avantage concurrentiel, un avantage d’une entreprise sur une autre, du fait de que la connaissance est vecteur d’innovation. La conséquence fût que de nombreux économistes se soient penchés sur cette question de division cognitive du travail et en ait ressorti les concepts de management de la connaissance et d’entreprise virtuelle, ou étendue ou hypertexte ou réseau.
Le management de la connaissance a été mis en forme par Morten Hansen et son équipe dans un article de 1999 intitulé « What’s your strategy for managing knowledge ? » (53). Il y décrit de méthode d’organisation et de management afin de transformer une entreprise en machine à produire de la connaissance, en commençant par décrire de moyen de transmission de la connaissance, la codification et la personnalisation. La première transmet le savoir en le simplifiant et en l’imprimant sur un support de diffusion, et la seconde repose sur la transmission directe d’un individu à l’autre par la parole et l’apprentissage. La première repose donc sur un système de transmission du support, comme l’informatique d’où son importance dans l’économie de la connaissance, et ne suppose pas de barrière géographique à cette transmission, avec cependant des prérequis comme un langage commun, que ce soit une langue ou un langage technique. La seconde présuppose un contact physique et donc une proximité géographique et une continuité dans le temps, mais pas vraiment de barrière culturelle étant donné l’importance de l’apprentissage. Ce qui en découle est l’apprentissage en communauté et donc la coopération.
Cette notion d’apprentissage en communauté va être développée par Ikujiro Nonaka (54)(55) tout au long de ses travaux. Il ne se base pas sur l’article d’Hansen mais sur ses observations des méthodes de travail et d’organisation des firmes japonaises durant les années 1980. Il en ressort qu’une structure en réseau composée de communautés apprenantes est un excellent moyen de générer de la connaissance, qui plus est inimitable par d’autres entreprises car basée sur cette communauté, et il décrit des règles qui font que ces communautés apprenantes fonctionnent. Il faut tout d’abord de la proximité géographique et du contact direct et constant dans le temps entre les individus. Cette proximité va permettre au groupe de façonner une confiance mutuelle, point qui rejoint la théorie de la sagesse des foules. Il explique cependant que tout le monde ne peut pas forcément être intégré dans ces communautés, qu’il faut pour cela à la fois avoir des compétences communes avec le reste du groupe, mais aussi des compétences différentes afin que chacun apprenne de l’autre, ainsi que du savoir-être, c’est-à-dire des capacités de communication comme la résolution de conflits, la créativité et l’ouverture d’esprit. Il explique que la communauté n’a pas vraiment de hiérarchie mais qu’il faut des leaders légitimes, de par leurs compétences et leur savoir-être, qui endossent la responsabilité des décisions du groupe et qui cimentent le groupe autour d’eux pour une meilleure cohésion. Sur ce point, Nonaka diverge de la sagesse des foules. Il affirme également que ce qui soude un groupe est le sentiment d’appartenance au groupe, découlant de la confiance, du fait de la création d’un passé et de valeurs communes devant être construit dans le temps. La confiance découle de la structure en communauté mais peut être accentuée ou inhibée par certains facteurs. Les individus doivent être récompensés de leur implication dans la coopération et les non-coopérateurs doivent être sanctionnés. Il existe deux manières de sanctionner les individus, soit de manière directe, soit par la réputation. L’existence de ces mécanismes permet à l’individu d’avoir confiance dans le groupe et donc à la coopération de se maintenir.
Hansen explique que, dans une structure, il ne faut pas choisir radicalement entre les deux possibilités, mais en choisir une à mettre en avant et utiliser la seconde comme soutien. En effet, une communauté basée sur le dialogue permanent sera plus innovante mais aussi plus lente dans son processus, et il faut alors utiliser des moyens de transmission à plus large échelle pour accélérer la diffusion du savoir. La sagesse des foules se base plus sur une approche de codification, avec son système d’agrégation de la connaissance, mais emprunte également à la personnalisation, notamment dans sa capacité à créer la confiance dans le groupe.
A l’inverse, les chercheurs en théorie des jeux, et en économie expérimentale en général, ont étudié les mécanismes de base de la coopération en elle-même et à la dualité permanente dans le choix d’individu, devant choisir entre la non-coopération, profitable à court terme, et la coopération, profitable à long terme.
On ressort des travaux de Hardin, Nash, Fehr, Gachter, Miller, Andreoni, Fischbacher, Noussair, Isaac, Walker et bien d’autres, avec un grand nombre de principes et de règles (56)(57)(58)(59)(60)(61)(62)(63). Tout d’abord, John Nash , et Hardin avec la « Tragédie des biens communs », a démontré que la recherche de l’intérêt individuel menait à une solution sous-optimale pour le groupe, à travers son fameux « Dilemme du prisonnier », alors que la coopération est la solution optimale, aussi appelé « Optimum de Parreto ». A la suite de ces travaux, il fut démontré que le comportement coopératif était une tendance instinctive chez l’Homme, puisque les comportements au début de jeux du bien commun à plusieurs tours étaient majoritairement coopératifs, mais que cette tendance s’effondrait très vite. Ces résultats vont à l’encontre de la vision d’Adam Smith, qui affirmait que la recherche de l’intérêt individuel était ce qui motivait les Hommes et qu’elle faisait tendre le groupe vers le bien-être collectif.
L’étape suivante fût d’essayer de comprendre comment maintenir, ou amplifier, cette tendance initiale à la coopération. Les résultats rejoignent les observations d’Ikujiro Nonaka, avec la nécessité de mécanismes de sanctions/récompenses et la possibilité de punir les « tricheurs », ou « passagers clandestins » dans la terminologie économique, grâce à la réputation. La considération du groupe et des règles comme justes et équitables par les individus permet d’instaurer la confiance mutuelle et la coopération. Les chercheurs ont également montré que la réciprocité, le fait de reproduire une action ou un comportement, du comportement coopératif n’était valable qu’entre humain et donc qu’une machine coopérant avec un individu ne stimulera pas vraiment l’individu à coopérer avec la machine. Cette observation rejoint celles des techniques de manipulation, nécessitant un contact direct entre individu.
On est donc maintenant en droit de se demander si ces règles de coopération doivent forcément être mises en place par une personne ou une institution désignée comme responsable. L’effet de réputation ne semble pas nécessiter de gouvernance centralisée mais impose une taille restreinte de communauté afin que l’individu ne se perde pas dans la masse. Les systèmes de sanctions/récompenses peuvent également être décidé en communauté mais l’établissement des règles est déjà un travail coopératif, qui nécessite donc des règles. On peut donc simplifier en disant que la coopération entre individus ne peut être mise en place qu’avec des individus enclin dès le départ à la coopération, chose qui arrive lorsque des individus ont un passé et des valeurs communes et qui fait donc tendre là aussi vers des groupes de tailles restreintes. Les « passagers clandestins » doivent être exclus du groupe au moment même de la coopération menant à la création des règles, sans quoi les règles seront biaisées et les individus verront les règles, et donc le groupe, comme injuste et inéquitable, conjoncture qui ne permet pas la confiance et la coopération au sein du groupe. La coopération semble donc à la base être une affaire de taille et de culture, avant de devenir une question de règles. D’un autre côté, une institution permet d’augmenter la taille de la communauté en centralisant la gestion des mécanismes de sanction/récompense. Un bon exemple de communauté coopérative dirigée par une institution est la Chine. Le pays est un régime autoritaire dont les valeurs inclus le dépassement de soi, le mérite et la peur de la honte publique. La Chine expérimente actuellement un système de notation de sa population, le « Social Credit », qui inclus ces mécanismes de sanction/récompense ainsi que l’effet de réputation en affichant les bons et les mauvais éléments, le problème restant la définition de ce qui est mauvais et bon. Une institution, qui plus est autoritaire, est donc un moyen rapide de mettre en place une communauté coopérative, d’une taille plus importante qu’une communauté horizontale par ailleurs, mais cela implique de déléguer la définition des règles, des valeurs de la communauté à une partie de la communauté, un pari risqué.
Taille, culture et règles, trois concepts que nous pouvons étudier dans la configuration actuelle. Le rejet de l’implication dans le collectif actuel et la perte de confiance dans le système politique semble montrer que la population ne croit plus au côté juste et équitable du groupe. Les inégalités sont également une preuve de cette injustice sociale. D’un autre côté, l’engagement dans les ONG et le renouveau des discours populistes montrent le désir de la population de faire société, ou du moins d’appartenir à un groupe. La question de la taille et de la culture est difficile à manier. Au niveau de la taille, on constate que l’échelle nationale semblait marcher jusqu’à il y peu, avec le renouveau des votes séparatistes, et protectionnistes. Quant à la culture, la question de l’immigration revient souvent dans le débat public, mais il est difficile de trancher entre une vision de l’immigration portant atteinte à la culture, et une vision proposant un enrichissement de la culture par l’immigration.
Le système actuel n’est donc pas forcément le plus adapté pour le comportement coopératif, et c’est aussi ce qui fait tendre les individus vers des comportements individualistes, du fait d’une vision de la société définie comme injuste. Les règles servant à maintenir la coopération dans un groupe ne sont là en fait que pour trois choses : faire en sorte que les individus se sentent récompensés, défendus mais aussi sanctionnables par le groupe.
Pour résumer, la transition énergétique est possible puisqu’elle ne suppose que des actions institutionnelles comme l’investissement publique et la régulation. L’obstacle à ces actions est le lobbying défendant le système actuel, plus confortable à suivre que le lobbying environnemental imposant des efforts. Un point de bascule pourrait être un effet de contagion de la population qui changerait l’opinion publique, et que les forces institutionnelles ne pourraient ignorer. Mais cet effet de contagion semble nécessiter des techniques de manipulation afin de passer par-dessus la barrière de la contrainte qu’impose l’engagement environnemental. Il nécessite aussi beaucoup de communication, un domaine que la communauté scientifique commence à aborder mais qui est également squatté par les discours populistes, protectionnistes et séparatistes dont les intérêts ne sont pas forcément en accord avec le réchauffement climatique. Leur poids est renforcé par le rejet du système politique actuel, l’individualisme et les médias communicationnels qui semblent porter atteinte aux structures de constructions de la connaissance, dont la communauté scientifique fait partie, et à la légitimité de l’expertise en général. Ces phénomènes portent également atteinte à la confiance des individus dans la justice et l’équitabilité du groupe, de la société, ce qui empêche les comportements coopératifs de se mettre en place, alors qu’ils seraient salvateurs pour forcer les institutions à agir, ou pour maintenir de la cohésion sociale, et donc la population en valeur absolue, dans un environnement devenant plus hostile si aucune action n’est entreprise. La coopération étant conditionnée par la taille, la culture et les règles du groupe, une solution semble être la création de sociétés de plus petites tailles, plus faciles à mettre en place, à organiser et à gérer. A l’inverse, nous pourrions également augmenter notre capacité de coopération en instaurant des systèmes politiques plus autoritaire, même si les dérives pourraient avoir d’horribles conséquences.

Sources :

(49)    Oinas-Kukkonen, Koohang et al. ,(2008). Network analysis and crowds of people as sources of new organisational knowledge, Knowledge Management : Theoretical Foundation. Informing Science Press.

(50)   Surowiecki, (2004). The wisdom of crowds. Doubleday, Anchor.
(51)   Hardin, (1968). The tragedy of the commons, Science.
(52)   Olstrom, (1990). Governing the commons, Political Economy of Institutions and Decisions.
(53)   Hansen & al. (1999). What’s your strategy for managing knowledge?, Harvard Business Review.
(54)   Nonaka & Takeushi (1995). The Knowledge-creating Company: How Japanese Companies Create the Dynamics of Innovation, Oxford University Press.
(55)   Nonaka, (1994). A dynamic theory of organizational knowledge creation, Organization Science, Vol.5.
(56)   Fehr, Schmidt, (1999). A theory of fairness, competition and cooperation, Quarterly Journal of Economics.
(57)  Dal Bo, (2005). Cooperation under the shadow of the future, American Economic Review.
(58) Charness, Rigotti, Rustichini (2007). Individul behavior and group membership, American Economic Review
(59)  Fehr, Gachter, (2000). Cooperation and Punishment in public goods experiments, American Economic Review.
(60) Isaac, Walker, (1988). Group Size effects in public goods provision : the voluntary contributions mechanism, Quarterly Journal of Economic.
(61) Herrmann, Thoni, Gachter, (2008). Antisocial punishment across societies, Science.
(62) Fischbacher, Gachter, Fher, (2001). Are people conditionnaly cooperative ?, Economics Letters.
(63) Fehr, Gachter, (2002). Altruistic punishment in humans, Nature.   

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